26 septembre 2019

Mettre les Grands Voisins en «Perspectives»

23 octobre 2019

Dans une deuxième saison toujours aussi dense, les Grands Voisins ont choisi de faire une pause, le temps d’une journée « Perspectives », pour s’interroger, avec une foule d’invités, sur le sens et le devenir de leur aventure.

La capacité des Grands Voisins à faire vivre, à chaque instant, la ville intensément, en impliquant des publics de tous horizons, est incontestable. Mais quels sont, à plus long terme, les incidences de l'occupation temporaire de Saint-Vincent-de-Paul sur le quartier, les citoyens et, plus globalement, la manière de fabriquer l’urbain ? Au terme de quatre années d’existence, les Grands Voisins ont dressé, conjointement avec 230 invités extérieurs, un bilan de leur expérience.

Bien que forcément complexe, l’exercice a été mené le 26 septembre dernier dans l’esprit de convivialité et de « décloisonnement mental et professionnel » revendiqué par les Grands Voisins dès leurs débuts. Des représentants de multiples « mondes » — concepteurs, associations, promoteurs, aménageurs, journalistes, étudiants, entrepreneurs, travailleurs sociaux, directions de la Ville de Paris… — ont convergé à Saint-Vincent-de-Paul pour "Perspectives Grands Voisins", organisé avec le soutien de la Mairie du 14e arrondissement et Paris & Métropole Aménagement.

Comme souvent chez les Grands Voisins, la réflexion passe par la mise en situation dans un univers multiforme. Au programme, barbecue en plein air et découverte sensible de l'occupation temporaire via des visites thématiques guidées et une vingtaine de « capsules sonores », réparties en divers points du site et accessibles par QR code. Invitation à la promenade et à l’appropriation de l’expérience, les témoignages enregistrés racontent, dans les lieux mêmes où ils se sont déroulés, un foisonnement d’histoires et de parcours, humains et professionnels, individuels et collectifs, émouvants, stimulants, qui se sont entremêlés ici.

Après l’immersion, vient la discussion. D’abord, lors des « controverses », deuxième temps de l’événement : onze cercles, animés par des Grands Voisins, chacun consacré à un questionnement-clé, sans pincettes, suscité par l’occupation temporaire. Certains mettent l’accent sur sa dimension sociale « Les Grands Voisins, précarité ou nouvelle société ? » ou « La cohabitation, nouvelle conquête de l’espace ? ». D’autres, plus techniques, interrogent les participants sur « la suspension de propriété, condition existentielle » ou sur l’incidence de l’occupation temporaire sur le projet urbain. Sans compter d’autres intitulés à la provocation assumée, « les Grands Voisins, pompe à fric, machine à bière ? » ou « Les Grands Voisins nous endorment-ils ? ». À peine sortis de ces dialogues nourris, s’ouvrent des débats thématiques, entre invités uniquement, pour partager les analyses et dégager librement de premiers enseignements de l’expérience des Grands Voisins. Cette troisième séquence de « Perspectives », dans un temps délibérément contraint pour ne rien perdre en spontanéité, est l’occasion de confronter directement des points de vue contrastés, comme autant de sensibilités et des parcours professionnels réunis.

L'échange ne prétend pas aboutir à des conclusions partagées, mais déclencher sans doute une réflexion à plus long terme, indispensable pour situer véritablement la signification des Grands Voisins dans la ville et dans la société ; et mieux envisager les lendemains de cet « espace de possibles ». C’est ce qu’ont confirmé l’ensemble des participants réunis en fin de journée à la Pouponnière dans un débat général retransmis en direct sur la radio indépendante Cause commune 93 FM, avant de partager un savoureux repas de clôture confectionné par l’équipe du restaurant de l’Oratoire.

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