Ville collaborative

L’affirmation de la « maîtrise d’usage »

La pertinence de l’équilibre programmatique du quartier se voit renforcée par une série de processus collaboratifs originaux de production urbaine et immobilière. La démarche de préfiguration qui se poursuit, in situ, jusqu’en 2020, est le premier d’entre eux. Le dénominateur commun à tous ces processus collaboratifs développés dans le cadre du projet Saint-Vincent-de-Paul est la « maîtrise d’usage ». Une place centrale est accordée à la considération des besoins, des aspirations, de l’évolution des modes de vie et de travail et par là même à l’implication des usagers futurs dans l’ensemble des mécanismes de production urbaine à l’œuvre : préfiguration, dispositifs d’urbanisme collaboratif, appels à projets innovants…

Déjà expérimentés par la Ville de Paris depuis 2016 pour l’aménagement des places ou au travers du permis de végétaliser, les processus de co-conception voire de co-construction seront systématisées à Saint-Vincent-de-Paul. Depuis l’élaboration du cahier des charges de l’équipement mutualisé, au prototypage des espaces publics, la conception des appartements ou des locaux d’activités, usagers, futurs habitants, gestionnaires, selon les cas, seront associés très en amont à la conception du quartier. Ils anticiperont même les formes de leur engagement dans la gestion ultérieure des lieux.

Une notion essentielle : « les communs »

Le choix d’associer systématiquement les futurs usagers, quels qu’ils soient, à la définition et à la gestion des différentes composantes du quartier repose sur une conception renouvelée de l’urbain. Celle-ci propose de reconsidérer les immeubles, les espaces extérieurs ou les services sous l’angle de l’appropriation collective qui peut en être faite, ponctuellement ou de manière permanente.

Ainsi des « communs », objets publics ou privés, mais toujours d’intérêt collectif sont identifiés : pièces mutualisables dans les immeubles résidentiels sociaux ou non, rez-de-chaussée et cours anglaises (« cours actives »), équipements publics, espace public, régies de quartier (mobilité, énergie)… La définition des « communs » est à la base des démarches collaboratives engagées autour du projet Saint-Vincent-de-Paul.

Des consultations d’un nouveau type

PBA a souhaité généraliser cette logique de coproduction pré-opérationnelle. C’est pour l’aménageur un pari de conviction. Il lance donc une série de consultations d’opérateurs professionnels pour la réalisation de différents programmes : logement en accession et sociaux du bâtiment Lelong restructuré et surélevé, « cours actives »… Tous devront préciser, dans leur réponse, la manière d’intégrer les usagers à chaque étape du projet Saint-Vincent-de-Paul : définition, construction, gestion. Aussi, la capacité de dialogue des opérateurs sera un point déterminant de leur désignation.

Projet urbain Saint-Vincent-de-Paul, Paris : localisation de l'îlot Lelong (logements privés et sociaux, activités)Le périmètre de la consultation Lelong ©Anyoji Beltrando

Projet urbain Saint-Vincent-de-Paul, Paris : les socles actifs (commerces, activités économiques)Le périmètre de la consultation pour les socles actifs ©Anyoji Beltrando

Parallèlement, la « Façade Denfert » qui accueillera un équipement privé à vocation culturelle et créative, des logements et des commerces, fera l’objet d’un « Appel à projets innovants » dans le prolongement des démarches Réinventer Paris.

Projet urbain Saint-Vincent-de-Paul, Paris : localisation de la façade Denfert (logements privé, commerces, activités économiques et culturelles)Le périmètre de la consultation pour la façade Denfert ©Anyoji Beltrando