Économie circulaire

Pas de quartier pour les déchets !

19 octobre 2020

Matériauthèque du réemploi dans le sous-sol du bâtiment Pinard © Catherine Griss


En limitant l’utilisation des ressources non renouvelables et leur transformation, l’économie circulaire est un levier essentiel du développement durable. De quoi s’agit-il ? Comment se concrétise-t-elle à Saint-Vincent-de-Paul ?

Après des décennies de désintérêt pour les déchets, l’économie circulaire porte désormais sur eux un regard différent et les considère comme une ressource. En fonction de leur nature ceux-ci peuvent être réemployés (réutilisation directe de ce qui a été collecté) ou recyclés (traitement et utilisation de certaines composantes dans la fabrication de nouveaux produits). Dans les deux cas, les bénéfices sont multiples : une moindre production de déchets et une économie de matières premières dont l’extraction, le transport ou la transformation sont réduits proportionnellement.

L’aménagement urbain, grand producteur de déchets au plan national, se convertit, lui aussi, à l’économie circulaire. La Ville de Paris s’est engagée de longue date dans cette voie et nombre d’opérations engagées dans la capitale en témoignent. Le concept trouve, par-delà les obligations réglementaires, de multiples traductions, mises en œuvre pour certaines dans le cadre du projet Saint-Vincent-de-Paul.

1. Rénovation de bâtiments existants
La majorité des constructions de l’ancien hôpital (60% environ) est préservée et reconvertie, limitant considérablement la quantité de matériaux de démolition à évacuer et leur prise en charge par les différentes filières de recyclage ou de traitement.


Projet de rénovation du bâtiment Pinard
© Chartier Dalix architectes


2. Réemploi in situ des matériaux de gros œuvre et du béton
La pierre, la brique et le béton provenant des bâtiments déconstruits sont broyés. Réduits en gravats, ils sont stockés in situ, puis réutilisés comme matériau de remblai dans la construction du futur quartier.

3. Production de béton recyclé
Une partie du béton provenant du bâtiment Rapine est broyée et transformée en granulats. Ces fragments remplacent le gravier naturel, issu de carrière ou de rivière, dans la fabrication d’un nouveau béton.


Déconstruction de la chaufferie de l'ancien hôpital
© Catherine Griss


4. Réemploi des matériaux
Avant la déconstruction ou la rénovation des immeubles du site, les matériaux de second œuvre – portes, fenêtres, radiateurs, poignées, robinets, WC, équipements électriques… – sont démontés et stockés dans le bâtiment Pinard. Ils connaîtront une seconde vie, prioritairement sur place. Les opérateurs désignés pour la réalisation des immeubles du quartier sont incités à les réutiliser dans leurs projets afin d’atteindre des objectifs de réemploi. Les matériaux collectés non réutilisés sur place seront destinés à d’autres projets.


Matériauthèque du réemploi dans le sous-sol du bâtiment Pinard
 © Catherine Griss

 

5. Recyclage des urines
Les vertus de l’utilisation agricole des urines, au fort pouvoir fertilisant, sont aujourd’hui redécouvertes. Le futur quartier sert aujourd’hui de laboratoire grandeur nature. Certains bâtiments seront équipés de toilettes séparant l’urine des autres déjections, condition sine qua non de son exploitation en engrais. Si la maîtrise du procédé technique est aujourd’hui acquise, des aspects administratif et économique demeurent en cours d’étude.


Démarche expérimentale de recyclage des urines féminines aux Grands Voisins
 © AVDLV

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