Découvrir et dialoguer

Visites de chantier Saint-Vincent-de-Paul

11 janvier 2021

© Eric Facon


La crise sanitaire a momentanément interrompu les visites du chantier Saint-Vincent-de-Paul. Elles reprendront dès que possible et pour toute la durée des travaux.
Entretien avec Laurence Duffort, directrice du CAUE de Paris, organisateur de ces visites.

Pourquoi les visites de chantier ? Avec la conclusion des Grands Voisins, Saint-Vincent-de-Paul a été fermé au public. Le site, très ouvert pendant les cinq années de l’occupation transitoire, ne sera rendu à la ville qu’au terme de longs travaux. Entre temps, les visites permettront de garder un lien entre les lieux et le public, qui leur porte un fort attachement, pour de nombreuses raisons. Certains visiteurs entretiennent avec l’ancien hôpital une relation affective : ils y sont nés, y ont travaillé, y ont accouché… D’autres l’ont découvert avec l’occupation temporaire, se le sont approprié et restent curieux de son devenir. Une dernière catégorie de public s’intéresse, plus globalement, à l’évolution de l’environnement urbain parisien. Les visites de chantier s’adressent donc à tous : riverains, habitants du quartier, Parisiens, futurs usagers et résidents du site…

Qu’allez-vous faire découvrir au public ? Les visites de chantier devraient se dérouler pendant toute la durée des travaux, avec des rendez-vous mensuels. Le programme et les parcours varieront en fonction de l’avancement opérationnel. Lors des visites de l’automne 2019, la déconstruction partielle de l’ancien hôpital n’avait pas encore été lancée. Nous déambulions dans les lieux tels que légués par le passé. Une place centrale était donc donnée à l’histoire de l’ancien hôpital, résultante d’un processus de construction permanent, au fil des siècles. Le public se passionne pour ce côté puzzle du site, où chaque pièce s’est ajoutée dans le temps. Cette histoire, très riche, continuera bien évidemment d’être évoquée à l’avenir. Néanmoins, nous présenterons davantage le projet de chaque îlot du futur quartier. Les visites de chantier prolongent l’esprit des Petites Conférences. Après avoir décrypté le projet urbain avec ses acteurs, nous montrons sa mise en œuvre sur le terrain.

Que représente Saint-Vincent-de-Paul dans le dispositif parisien des visites de chantiers organisées par le CAUE 75 ? L’opération concentre des thématiques très variées, impossibles à retrouver normalement en un seul chantier : travaux de démolition, réhabilitation, construction, aménagement d’espaces publics… Les bâtiments présentent une diversité de principes constructifs. Certains sont en ossature bois, aujourd’hui une redécouverte. D’autres, qui seront réhabilités, sont en pierre ou en brique. Le public découvrira de multiples démarches expérimentales d’écologie urbaine ainsi qu’une variété d’expressions architecturales, grâce à l’intervention d’une diversité de concepteurs. Le chantier étant accessible dans la durée, les visiteurs pourront en découvrir toutes les étapes. Ils le feront, parfois, en compagnie de certains acteurs du projet – concepteurs, promoteurs, aménageur, bailleurs – invités à participer, pour animer le dialogue avec les participants.


© Eric Facon


Quel bilan tirez-vous des visites effectuées au cours des deux années passées ? 
Elles ont toujours affiché complet et la satisfaction des participants – 237 au total – semblait réelle. Non seulement les visites répondent à une certaine appétence du public pour la fabrication de la ville, mais elles offrent l’opportunité de pénétrer un territoire interdit d’accès, ce qui en renforce l’attrait. Lors des premières visites, les bâtiments vides de l’ancien hôpital imprégnés de leur vie passée produisaient un fort sentiment d’irréalité… Bien évidemment, le public était aussi curieux du projet. Les visites ont donné à celui-ci une dimension plus concrète que celle des seuls plans et perspectives dont il avait pu avoir connaissance. Elles ont été une occasion de dialoguer autour du projet, que ce soit sur le plan programmatique ou de l’organisation spatiale. Quelques regrets se sont toutefois exprimés au regard de la démolition de la Chaufferie, dont l’architecture en brique caractérisait pour certains l’ancien hôpital.

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