Réemploi

Un nouveau métier pour Eiffage

20 novembre 2020
Déconstruction du bâtiment Lepage de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul
Déconstruction du bâtiment Lepage
©P&Ma


Le chantier Saint-Vincent-de-Paul se concentre actuellement sur les déconstructions préalables à l’édification du quartier. Alexis Levray, conducteur de travaux chez Eiffage Démolition revient sur les opérations en cours.

Eiffage Démolition intervient dans le curage et la démolition. Comment caractériser ces deux étapes du chantier ?
Le curage est la phase de travaux qui précède la démolition. Elle consiste à enlever tout ce que le bâtiment contient : faux plafonds, revêtements de sol, plomberie, radiateurs, portes… pour ne laisser que la structure nue et les matériaux amiantés. Ces derniers sont déposés dans un second temps par DDM, une entreprise spécialisée habilitée pour cette intervention très encadrée. Enfin, après désamiantage, Eiffage reprend le relais pour démolir les structures : poteaux et poutres en béton, murs en brique ou pierre.

Quels sont les bâtiments concernés ? Quel est l’état d’avancement du chantier ?
Sept bâtiments sont concernés : Petit, CED, Colombani, Médecine du travail, Rapine et la chaufferie de l’ancien hôpital. Colombani et la chaufferie ont déjà été démolis partiellement. Petit est en phase de désamiantage et de curage ; ce bâtiment et CED seront démolis en fin d’année. Rapine fait lui aussi, depuis peu, l’objet d’opérations de curage. Il sera démoli en début d’année prochaine. Nous devrions achever nos travaux début avril 2021. En amont de la phase de curage, de début janvier à mi-février, nous avions mené une phase de « dépose soignée » de matériaux de construction à réemployer. Mobius, assistant maître d’ouvrage, entreprise spécialisée dans cette démarche écologique, était à nos côtés.

Quel était votre rôle dans ce processus de réemploi ? Comment vous y êtes-vous intégré ?Mobius a réalisé un inventaire de matériaux récupérables : fenêtres, éviers, radiateurs, portes de placards… Eiffage Démolition a pu ensuite réaliser leur « dépose soignée » après avoir fait un retour sur sa faisabilité technique. Dans la démolition récente de la cité Gagarine à Ivry-sur-Seine, nous avions sous-traité cette opération. À Saint-Vincent-de-Paul, nous nous en sommes chargés pour deux raisons. D’abord, pour acquérir une compétence de plus en plus demandée. Ensuite, et c’est très important, pour diversifier le travail de nos ouvriers, dont les tâches de curage sont répétitives. Nous leur avons expliqué les objectifs de la démarche et les avons initiés à la dépose soignée, ce qui est valorisant à leurs yeux. Le réemploi des matériaux est destiné à se généraliser, nous le constatons. S’agissant des débouchés pour les matériaux de construction récupérés la question reste ouverte. Mais tout cela est encore très récent ! Il faut se laisser du temps.

Quid des matériaux non réemployables ?
Isolants, plastique, verre, métaux… les matériaux issus de la phase de curage appartiennent pour l’essentiel à la classe des Déchets Industriels Banals (DIB). Ils sont envoyés dans des usines de stockage et de traitement de déchets non dangereux et valorisés ou recyclés à hauteur de 98 à 99%. Le reste est enfoui ou incinéré. Par ailleurs, à Saint-Vincent-de-Paul, après démolition des structures, les gravats ne seront pas évacués mais concassés sur site puis utilisés pour remblayer les vides laissés par les bâtiments démolis ou pour le nivellement des espaces publics. Une pratique désormais généralisée dans les opérations de grande ampleur. Enfin, de manière plus expérimentale, le béton issu du bâtiment Rapine sera broyé très finement pour refaire du béton, à condition de pouvoir le débarrasser de toute impureté : plâtre ou colle… Un cahier des charges bien précis définit les exigences de la démarche.

Respectez-vous d’autres impératifs environnementaux sur le chantier ?
Nous sommes en milieu urbain, avec, donc, des exigences importantes de limitation des nuisances sonores. D’où l’installation de capteurs de bruit en périphérie du chantier. La poussière est une deuxième contrainte. Pour ne pas en diffuser, des brumisateurs projettent des gouttelettes très fines, qui font tomber la poussière. Le diffuseur d’eau est placé directement sur l’outil de démolition – la grignoteuse – ou à proximité immédiate.

Comment faites-vous face à la crise sanitaire ?
Nous sommes soumis, comme tous les professionnels du BTP, à la contrainte Covid 19 et nous adoptons toutes les précautions qui s’imposent pour éviter la contamination de notre personnel : distanciation sociale, port du masque, lavage régulier des mains, rotation des équipes pour la pause déjeuner afin de limiter la concentration de personnes dans la base vie du chantier. Enfin, nettoyage de la base vie toutes les deux heures.

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