Projet énergétique

On a inventé l’eau chaude

10 octobre 2018

L’exemplarité environnementale du projet Saint-Vincent-de-Paul se concrétise, entre autres, à travers son projet énergétique. Le « réseau de chaleur » en est la dimension la plus originale. Ses principes de fonctionnement ont été actés cet été.

La majeure partie de l’énergie consommée par le quartier servira à la production d’eau chaude, tant pour le chauffage des appartements que pour les usages sanitaires. Pour limiter au maximum l’impact carbone de Saint-Vincent-de-Paul, le bureau d’études environnemental « Une autre ville » a exploré deux scénarios exploitant des ressources énergétiques non polluantes et renouvelables. Fin juin, le comité de pilotage a opté pour l’un deux.

Le scénario écarté, « décentralisé », prévoyait d’installer dans chacun des immeubles divers modes de production d’eau chaude, tous à faible impact carbone : chaudière numérique, microméthanisation, solaire thermique… Mais, des inconvénients étaient apparus au terme des études, tant au niveau technique que de la gestion par les bailleurs sociaux et les copropriétés. Le choix s’est donc porté sur le scénario « centralisé » dans lequel un même système de production approvisionne en eau chaude tous les immeubles du quartier Saint-Vincent-de-Paul.

Une production de chaleur centralisée

Solution innovante, le scénario retenu exploite le réseau parisien d’eau non potable. Situé à proximité immédiate du site, il représente une ressource locale. L’eau de la Seine, utilisée jusqu’ici pour l’irrigation des espaces verts et le nettoyage des voies, y circule à une température moyenne annuelle de 15 degrés. Cette réserve de chaleur peut être récupérée grâce à des pompes à chaleur : elle fournira à elle seule 60% de la chaleur nécessaire à la production d’eau chaude du quartier. Et ce, à partir d’une source d’énergie totalement propre et renouvelable : la Seine.

Les 40% restants seront fournis par la CPCU (Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain). Ses canalisations qui irriguent déjà largement la ville seront étendues pour desservir le nouveau quartier. Pour produire l’eau chaude, ce réseau urbain exploite actuellement une diversité d’énergies, renouvelables… et fossiles. Mais la part de ces dernières va se réduire progressivement — la Ville s’y est engagée — jusqu’à devenir nulle en 2050. À cette date, plus aucune énergie fossile n’entrera donc dans la production d’eau chaude à Saint-Vincent-de-Paul.

La qualité environnementale de ce choix se mesure également, pour le projet Saint-Vincent-de-Paul, en termes économiques. Pour les futurs habitants, les charges de chauffage ne dépasseront pas celles habituellement facturées par la CPCU. Les modalités concrètes de financement et de gestion du futur réseau de chaleur du quartier sont pour l’heure à l’étude par la Ville. Elles devraient être arrêtées fin 2018 – début 2019.

Découvrez l'essentiel du projet Saint-Vincent-de-Paul

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