Ceci n'est pas une porte

Un projet environnemental… et social

21 janvier 2020

© Thomas Sindicas

Lauréats en juillet dernier de l’appel à projets innovants « Faire 2019 », initié par la Ville de Paris et le Pavillon de l’Arsenal, Ceci n’est pas une porte se poursuit.

Le projet est conduit par Mobius, spécialiste du réemploi, associé à l’Atelier d’Architecture Vincent Parreira (AAVP), Lab Ingénierie — qui réalise des études d’ingénierie environnementale et circulaire — et à l’Association pour la Réinsertion Économique et Sociale (ARES). L’initiative prolonge l’inventaire, réalisé par Mobius, de toutes les portes que comptent les bâtiments Chaufferie et Petit. Elles font partie du gisement de matériaux récupérables identifiés dans le cadre de la démarche de réemploi mise en place sur le site et cédés gracieusement par P&Ma, l’aménageur.

1 200 portes d’entrée, d’intérieur et de placard ont été recensées. Après dépose, conditionnement et stockage par les entreprises de curage et de déconstruction, selon une méthodologie préalablement établie, elles sont acheminées jusqu’à l’atelier de Mobius, à Rosny-sous-Bois. Elles sont alors reconverties en mobilier, principalement des chaises, dessiné par l’AAVP.

Former au réemploi
Le réemploi de matériaux permet de limiter les dépenses énergétiques et de préserver les ressources mais le bilan n’est pas uniquement écologique. Noé Basch, fondateur et directeur du développement de Mobius, insiste : « Ceci n’est pas une porte poursuit une ambition autant sociale qu’environnementale. L’idée est de créer et développer une offre de formation professionnelle autour du réemploi, depuis le stade de la dépose jusqu’à celui de la transformation des matériaux ». Cette offre est destinée à des publics en situation de fragilité sociale et les fait bénéficier d’un dispositif d’insertion professionnelle. Les candidats potentiels seront identifiés par ARES. Cinq personnes devraient ainsi, à terme, être employées à temps plein sur le projet. « La démarche intègre un objectif de reproductibilité dans différents contextes » souligne Noé Basch.

Production du mobilier
Prochaine étape : le prototypage des chaises, avec le soutien du Pavillon de l’Arsenal. Ce préalable permettra de préciser différents aspects de la production des meubles, dont la quantité. Une campagne de crowdfunding sera lancée pour vendre les chaises, à prix coûtant, avant d’engager leur production. « Faire 2019 va nous y aider, en mettant en lumière notre projet. Parmi les acheteurs potentiels, nous visons notamment les établissements scolaires, mais aussi les professionnels et les particuliers », affirme Noé Basch.

La production du mobilier doit s’inscrire dans un cadre normé, précis et rigoureux car « on demande au réemploi d’être aussi performant que le neuf, précise Noé Basch. Ce n’est pas évident, ne serait-ce que parce que les matériaux collectés sont de nature et de qualité variables ». Dans le cas présent, les portes sont parfois en bois massif, mais plus souvent en aggloméré, donc relativement fragiles, ce qui limite les possibilités de transformation. Ceci n’est pas une porte interroge ainsi le potentiel du réemploi à l’échelle industrielle. Et poursuit, pour le développer, une expérimentation visant la création et la viabilisation des filières spécifiques.


© Thomas Sindicas

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